Chaque propriétaire se retrouve un jour ou l’autre confronté à une situation délicate : celle d’un locataire qui ne respecte pas les règles de son contrat de location. L’expulsion peut alors être envisagée. C’est une procédure complexe qui nécessite de bien comprendre le cadre légal et les différentes étapes à suivre. Ce guide complet vous aidera dans cette démarche.
Table des matières
Les motifs d’expulsion du locataire

Motif n°1 : Le non-paiement du loyer
Le non-paiement du loyer est le motif d’expulsion le plus courant. Selon la loi, si un locataire n’a pas payé son loyer après deux mois, le propriétaire a le droit d’engager une procédure d’expulsion. Cependant, il est recommandé de noter que des délais de paiement peuvent être accordés par le juge en fonction des circonstances.
-
Propriétaires et locataires: Vos droits . Vos obligations. Rapports locatifs dans le secteur privé
-
La colocation : mode d'emploi: Guide juridique et pratique pour les colocataires et les propriétaires
-
Protegez-vous avant les renos: Conseils juridiques et outils pratiques pour des propriétaires québécois
Motif n°2: Des activités illégales dans le logement
Une autre raison pouvant justifier une expulsion est la réalisation d’activités illégales dans le logement loué, comme par exemple, des cas confirmés de trafic de drogue ou de prostitution. Dans ce genre de situations, l’ordonnance d’expulsion peut être obtenue rapidement.
Motif n°3: Les troubles du voisinage
Enfin, les nuisances ou troubles de voisinage peuvent également être un motif d’expulsion. Il peut s’agir de bruits excessifs, de dégradations volontaires ou de comportements agressifs envers les voisins.
Bien évidemment, ces motifs doivent être avérés et prouvés pour que la procédure d’expulsion puisse être engagée. Passons maintenant aux étapes préalables avant le recours à l’action en justice.
Étapes préalables à l’action en justice

S’assurer du bien-fondé de l’expulsion
Avant d’envisager une expulsion, le propriétaire doit s’assurer que son souhait est légitime et juridiquement justifiable. Cela implique qu’il a dûment notifié au locataire ses manquements contractuels et donné la possibilité à ce dernier de rectifier la situation.
Délivrance d’un commandement de payer
Si le motif d’expulsion est le non-paiement du loyer, une première étape consiste à délivrer un commandement de payer au locataire défaillant. Celui-ci dispose alors d’un délai de deux mois pour régler sa dette. Dans le cas contraire, le propriétaire peut engager une action en justice.
Suite à ces premières actions, si la situation ne se résout pas, il est temps d’envisager l’action en justice pour obtenir une ordonnance d’expulsion.
Procédure judiciaire et ordonnance d’expulsion
L’assignation devant le tribunal
Le propriétaire doit alors adresser une assignation à son locataire, pour comparaître devant le juge du tribunal compétent. Ce document, rédigé par un avocat ou un huissier de justice, expose les motifs de la demande d’expulsion.
Rendu du jugement et délivrance de l’ordonnance
A l’issue de l’audience, si les arguments du propriétaire sont retenus, le juge rend son verdict : c’est l’ordonnance d’expulsion. Une fois cette décision obtenue, elle doit être signifiée au locataire par voie d’huissier.
Cependant, même après obtention de ce jugement favorable, le processus n’est pas encore terminé. Il est temps de se pencher sur les actions post-jugement.
Que faire après le jugement ?

Délivrance du commandement de quitter les lieux
Une fois l’ordonnance d’expulsion obtenue, il faut alors procéder à la délivrance du commandement de quitter les lieux, toujours par voie d’huissier. Ce document donne un nouveau délai au locataire (généralement deux mois) pour quitter volontairement le logement.
Sollicitation de la force publique
Dans le cas où le locataire refuserait toujours de quitter le logement, le propriétaire a alors la possibilité de solliciter l’intervention de la force publique. Cette étape peut prendre plusieurs mois avant d’aboutir à une expulsion physique du locataire.
Pour conclure, la procédure d’expulsion est un processus long et complexe qui doit être mené avec rigueur et patience. Le respect des règles juridiques est essentiel à chaque étape pour préserver les droits du propriétaire tout en veillant à ceux du locataire. L’accompagnement par des professionnels qualifiés (avocats, huissiers) est plus que recommandé pour naviguer dans cette procédure délicate.






